8
Juil 2014

[Dossier : Les meilleures opés sur Twitter] Bonus ! #myNYPD


Pour conclure ce dossier en beauté, on a choisi de prendre le contre-pied de tous les beaux exemples précédents en vous présentant… la pire opé Twitter ! Notre choix s’est porté sur la campagne initiée par la police de New York au printemps dernier : #myNYPD Rappel des faits : Le 22 avril dernier, la …


Pour conclure ce dossier en beauté, on a choisi de prendre le contre-pied de tous les beaux exemples précédents en vous présentant… la pire opé Twitter ! Notre choix s’est porté sur la campagne initiée par la police de New York au printemps dernier : #myNYPD

Rappel des faits :

Le 22 avril dernier, la Police de New York (NYPD, New York Police Department en VO), décide de lancer une campagne sur le réseau Twitter comme beaucoup d’autres. L’objectif est de mettre en avant le lien de proximité existant entre les agents de police et les citoyens. Pour cela, NYPD demande à tous ses followers de poster une photo d’eux en compagnie d’un agent de police en utilisant le hashtag #myNYPD. Mais, la bonne intention de départ, s’est finalement très vite retournée contre son émetteur …

Un dérapage instantané :

Au lieu des selfies attendus par la NYPD, les internautes ont rapidement envahi Twitter avec des photos d’un tout autre genre. Ainsi, des milliers de Twittos ont profité de l’occasion pour dénoncer les dérapages des policiers, en partageant, via le hashtag de l’opération, des photos d’agents en train de malmener des citoyens où de commettre des infractions. À minuit, déjà 70 000 tweets détournés avaient été publiés faisant de l’opération un véritable fiasco médiatique. article-nypd2-0422
« Massage gratuit par la NYPD. Qu’est-ce que VOTRE département de police propose ? »

L’effet Bad Buzz

En plus d’attirer l’attention sur les pratiques parfois peu conventionnelles de la police New-Yorkaise, le phénomène s’est rapidement développé à l’échelle nationale. Ainsi, de nouveaux hashtags sont apparus pour les autres villes américaines : #mySPD (Seattle), #mySFPD (San Francisco), #myOPD (Oakland), #myDPD (Denver) et bien d’autres. Soyons objectifs un instant, il n’y a pas eu uniquement de mauvais retours. Quelques personnes ont joué le jeu et la NYPD s’est empressée de retweeter ces oiseaux rares. Mais que valent une vingtaine de « bons » tweets au milieu d’une marrée de contestataires ? Vous l’aurez deviné : pas grand chose. Face à la critique, un porte parole de la NYPD a affirmé  » la NYPD crée de nouveaux moyens de communiquer efficacement avec la communauté » et a ajouté que Twitter permettait  » un dialogue ouvert, bénéfique à notre ville »  (Source : Daily News New York).

Capture d’écran 2014-07-01 à 17.36.58« Dori Rainey, une manifestante gazée à la bombe poivrée par la police de Seattle. »

Aurait-on pu éviter l’embarras ?

La réponse évidente à la question est oui, en envisageant en amont les détournements possibles de cette opération. D’autant plus que la violence des agents de police fait régulièrement l’objet de campagnes de dénonciation organisées, entres autres, par les activistes anti-port d’arme. Aussi, il paraissait évident que ceux-ci allaient se jeter sur l’occasion pour protester ! Si l’idée de base, rapprocher les agents de police des citoyens, est louable, utiliser pour cela un hashtag, qui est par principe libre et incontrôlable, n’était peut être pas la meilleure solution. On aurait pu opter, par exemple, pour une adresse mail dédiée permettant aux new-yorkais d’envoyer leurs photos à la NYPD. Celles choisies auraient alors été publiées directement sur le compte Twitter de la NYPD qui serait restée maître du contenu tout en ouvrant la participation à tous.   Cependant la NYPD n’est pas la seule à manquer de discernement concernant l’utilisation de hashtags… Le 1er juillet dernier, le chanteur Robin Thicke, très critiqué pour ses chansons machistes, a demandé aux twittos de lui poser des questions via #AsktThicke. Le résultat ne s’est pas fait attendre… Pour en savoir plus, rendez-vous sur Buzzfeed (en anglais).  
Cafetier Onprenduncafe

Toujours à bloc, spécialiste des grands crus et rigoureux dans le dosage, je suis cafetier chez OP1C (et il y a du taf !)